IMPLY RED (birth, consumption and death of an asteroid), video, 2014, HD, 4'


Poster Imply Red

concept /realization: WERTHER GERMONDARI

music: PAOLO PIZZI


installations:

XPEDIT, 17ème Traverse Vidéo, Toulouse, France, March 2014

screenings:

10th European Short Film Festival at MIT, Boston, USA, September 2014

XXI Corto Imola Festival, Italy, December 2014

Trans Formation, group exhibition, Lab71, Dompierre-les-Ormes, France, June 2015

Werther Germondari-VideoArt Selection, John Cabot University, Roma, Italy, December 2015

XXIV ‘Il Sole la Luna Fest’, Giove, Italy, July 2016

ART VIDEO INTERNATIONAL, Jerusalem, Israel, 2016


Imply Red (Naissance, Consomption et Mort d’un Astéroïde) - Simone Dompeyre, Traverse Vidéo 2014:

Le sérieux du sous-titre du genre mode d’emploi ou sommaire d’un discours sérieux ne dupera pas les connaisseurs des travaux de Germondari portés par un malin humour ici et de l’ironie plus mordante là. Tel diptyque photographique sait cadrer les effets de sens de la rencontre entre un crucifix sculpté à même le bois, déposé négligemment sur le sol et le panneau d’indication d’un  extincteur auprès de cet appareil et de celle entre un signal lumineux de sortie de secours et un tondo d’un Christ bénissant ; l’œuvre  poursuit sur cette verve en s’intitulant  Non Estinguere il mio Fuoco /N’éteignez pas mon Feu.

Ce plaisir de détourner les icones s’était démontré dans une autre série, indicielle quant à elle, du rapport à la science annoncé par Imply Red.  Dès les années 90, Werther Germondari détourne des relevés d’AND de L’Institut de Biologie “C.N.R.” de Rome pour ses D.N.A.rt: fragments d’Inconnus.

Photographiés en bromographie- le bromure est un sel utilisé pour la photographie* ces fragments sont considérés par l’artiste comme autant de portraits qu’il rapproche des Portraits d’Inconnus/ Ritratti di Anonimi de la Renaissance Italienne. Se souvient-il  de l’hypothèse selon laquelle le Suaire de Turinaurait été ainsi confectionné ?

Naissance, Consomption et Mort d’un Astéroïde lie les deux pôles : la distanciation par l’humour et la science. Précisément l’astrophysique qui, grâce à divers télescopes spatiaux dont Hubble, capte les événements intersidéraux  et cherche à les expliquer; ainsi, il y a peu, a été commentée la désintégration d’un astéroïde, en une dizaine de petits fragments, d’abord par un article deThe Astrophysical Journal Letters-, parce qu’elle laisse les astrophysiciens sans réponse sur sa cause, ni produite par une collision avec un autre corps céleste, ni par son éclatement sous la pression induite par le réchauffement et la vaporisation des blocs de glace qui le constituent.

Ces savants cherchent aussi à saisir la naissance du monde, il y a quelque  13,8 milliards d’années, lors de ce qu’ils ont dénommé, le Big-bang : l’Univers était tout à la fois plus dense et plus chaud qu’aujourd’hui, chaud et dense à tel point que la matière n’existait pas encore. Cependant, les termes pour décrire l’Univers au moment du Big bang n’existent pas plus que les concepts physique ou mathématique pour le concevoir.                                      

Alors que la science s’évertue aux hypothèses concernant l’origine de l’Univers, Werther Germondari embrasse l’histoire totale  d’un astéroïde… en 4minutes. Et puisque cela provoque si souvent les titres alarmistes de la presse, autant faire bénéficier de sa lecture, le passant en installant la boucle derrière la vitrine de cette galerie d’architectes : cette construction/destruction d’un/du monde.

D’emblée la musique répétitive multiplie les aigus-types de la science-fiction de quoi inquiéter… alors que le générique minimal jaune est couvert de rouge ‘ brulant. Une image bleue – encore un topos de ce genre d’anticipation- sature le champ ; des lignes de force obliquent toutes vers le centre mosaïque fractale…

Les variations couleurs transforment cet élément vibrant jusqu’au rouge- type cette fois - du magma inaugural du monde… L’Astéroïde est né  mais en accord avec les  théories scientifiques, plus il chauffe, plus il se perd.

Le très gros plan décrit l’ébranlement du magma pour que sévisse une nouvelle pique iconoclaste et souriante de Germondari.  Il saborde le sérieux des théories de disparition de l’Univers. La fin inattendue de son propos nous ramène, en effet, à l’extinction, des dinosaures il y a 65 millions d'années, dont les théories scientifiques rendent responsable un immense astéroïde, de 10 kilomètres qui se serait écrasé  dans la région de ce que nous appelons le Mexique; cette chute provoqua outre un gigantesque tsunami, son lots d’incendies et tant de poussières en suspension que la Terre baigna dans les ténèbres, et des pluies suffisamment acides pour parachever cette destruction.

Pas de tel scénario panique dans Imply Red, loin de disparaître, les animaux apparaissent ; lors de fin de l’astéroïde et de la vidéo, ce sont des fourmis qui apparaissent. Le Rouge Vide…désarçonne les inquiétudes de fin de monde et nous donne le plaisir de sourire de ce qui nous intrigue.

*La méthode de W  Germondari: il emprunte à la typographie un ancien procédé,  qui distingue  clairement une photographie en trois ou quatre tons de gris… ce qui permet de transformer chacun de ces gris en rouge, jaune, bleu, vert. Il emploie du papier photo particulier, seulement sensible à la lumière du soleil et utilise pour le développement, une petite valise spécialement aménagée, avec une minuterie et des lumières – température de 5600k- et des liquides tout aussi spéciaux…

ESFF2014
















Dal catalogo Traverse Video 2014
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